Aujourd'hui, j'ouvre un nouveau chapitre.
L'année dernière, j'ai partagé avec vous mon parcours de PMA. J'y ai raconté les espoirs, les attentes, les déceptions, les victoires, mais surtout les blessures invisibles qui m'ont accompagné durant des années.
Écrire m'a permis de mettre des mots sur ce que je vivais, c'était mon exutoire.
Aujourd'hui, je ressens le besoin de partager autre chose.
J'ai décidé d'écrire une série de chroniques autobiographiques. Non pas pour raconter une histoire extraordinaire, mais parce que je suis convaincue que nos expériences personnelles peuvent ouvrir des réflexions qui nous dépassent.
Ces chroniques sont nées d'un constat qui s'est imposé à moi au fil des années.
J'ai vu de nombreuses portes se refermer devant moi. Certains rejets étaient logiques, d'autres n'étaient que préjugés. Certaines décisions étaient prononcées avec bienveillance, d'autres avec une froideur impensable.
Mais toutes les portes qui se fermaient une à une devant moi avaient un seul point commun : mon poids.
Une grande partie de ces portes se sont fermées dans le monde médical. Des consultations où je n'étais plus qu'un chiffre sur une balance, des examens repoussés, des traitements refusés ou conditionnés à une perte de poids, des décisions parfois expliquées, parfois non.
Il y avait sans doute des raisons médicales dans certaines situations, et je ne les remets pas toutes en question. Mais il y avait aussi des moments où je me suis demandé si l'on voyait encore la personne que j'étais derrière mon IMC.
D'autres portes se sont refermées dans la vie quotidienne. Des remarques glissées comme si elles étaient anodines, des jugements implicites, des regards, des préjugés, des situations où l'on finit par intérioriser en essayant de se persuader qu'il faudrait d'abord changer son corps avant d'avoir le droit d'avancer.
À force d'accumuler ces expériences, une question est devenue impossible à ignorer : quelle place laisse-t-on réellement à la personne lorsque son poids devient le premier filtre à travers lequel on la regarde ?
À travers ces chroniques, je ne cherche ni à accuser, ni à provoquer, ni à opposer les points de vue. Je souhaite simplement raconter ce que j'ai vécu, avec honnêteté et sans prétendre détenir une vérité universelle.
Mon histoire est la mienne, mais j'ai la sensation qu'elle pourrait faire écho.
Je souhaite aussi ouvrir une réflexion sur la place qu'occupe aujourd'hui l'IMC dans notre société, et plus particulièrement dans certains parcours de soins.
Cet indicateur a son utilité, mais que se passe-t-il lorsqu'il devient, à lui seul, un critère de décision ? Que perd-on lorsque l'on réduit une personne à une donnée statistique ? Est-ce que l'on dit à un bodybuilder que son IMC est trop haut?
Au-delà de cette réflexion, j'aimerais surtout ouvrir un espace de dialogue. Parce que je sais que beaucoup gardent ces expériences pour eux, par honte, par lassitude ou par peur de ne pas être compris.
Donc si ces chroniques peuvent permettre à certaines personnes de se sentir moins seules, de mettre des mots sur leur vécu ou simplement d'oser raconter leur histoire, elles peuvent trouver ici une safe place.
J'espère que vous aurez envie de cheminer avec moi au fil de ces récits. Peut-être serez-vous parfois d'accord, peut-être pas. Peut-être que certaines pages vous toucheront, vous feront réagir ou vous amèneront à poser un regard différent sur ces situations.
Merci à celles et ceux qui prendront le temps de lire, de réfléchir et, peut-être, de partager leur propre expérience.
Parce que derrière chaque porte qui se ferme, il y a toujours une personne. Une histoire. Des émotions. Des combats invisibles. Et surtout, une réalité qui mérite d'être entendue.
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